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Amiante

Diagnostic amiante : les biens d'avant juillet 1997

L'état d'amiante dit si votre logement contient des matériaux ou des produits contenant de l'amiante. Il est obligatoire pour vendre un bien dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997. Le vendeur le fait établir à ses frais et l'annexe à la promesse de vente ou, à défaut de promesse, à l'acte authentique.

Exigé quand
Permis de construire délivré avant le 1er juillet 1997
Validité — vente
Illimitée, sous réserve
Validité — location
Sans objet
À la charge de
Le vendeur

Validité

Combien de temps il reste valable

À la vente, l'état d'amiante est le seul diagnostic auquel la réglementation ne fixe aucune durée de validité : il reste valable sans limite de temps. Une réserve, tout de même : il doit avoir été établi à partir du 1er avril 2013, selon le protocole qui porte sur les listes A et B de matériaux. Selon service-public.gouv.fr, un constat plus ancien doit être renouvelé avant la vente, même s'il ne signalait rien, parce qu'il ne portait pas sur le même périmètre de matériaux ; aucun texte n'emploie pour autant le mot « périmé ». À la location, vous n'avez aujourd'hui rien à annexer au bail : la loi prévoit bien un état d'amiante pour le locataire, mais le décret qui doit en fixer les modalités n'a jamais été publié (article 3-3 de la loi du 6 juillet 1989). Si de l'amiante est trouvée, le rapport ne se périme pas pour autant : c'est le suivi de l'état de conservation des matériaux de la liste A qui doit être refait dans un délai maximal de trois ans, et seulement pour certains biens.

  • Aucune amiante trouvée : le document reste valable sans limite de temps, dès lors qu'il a été établi à partir du 1er avril 2013 sur les listes A et B.
  • Amiante trouvée : l'état lui-même ne se périme pas ; c'est l'évaluation de l'état de conservation des matériaux de la liste A qui est à refaire dans un délai maximal de trois ans (article R1334-27 du code de la santé publique).
  • Maison individuelle : cette évaluation tous les trois ans ne s'applique pas ; elle vise les parties privatives d'immeubles collectifs, les parties communes et les autres immeubles bâtis.
  • Constat établi avant le 1er avril 2013 : selon service-public.gouv.fr, le diagnostic doit être renouvelé avant la vente du logement, même s'il concluait à l'absence d'amiante.
  • Travaux depuis le diagnostic : aucun texte n'impose de refaire l'état d'amiante, mais une modification substantielle de l'ouvrage ou de son usage rouvre le délai de trois ans lorsque l'évaluation périodique s'applique.

Sur place

Comment se passe la visite

Avant la visite, vous remettez au diagnostiqueur les rapports amiante déjà réalisés et les documents qui décrivent le bâtiment, puis vous faites le tour des lieux avec lui : cette reconnaissance accompagnée est imposée par l'arrêté du 12 décembre 2012. Il inspecte ensuite pièce par pièce, de la cave aux combles, les matériaux des listes A et B : flocages, calorifugeages et faux plafonds, mais aussi cloisons, dalles de sol, conduits, joints, plaques de fibres-ciment, toitures et façades. Il travaille à l'œil et par sondages non destructifs — sondage sonore, grattage ponctuel, ouverture de trappes, démontage de plaques amovibles — et, quand il ne peut pas conclure sur place, il prélève quelques grammes de matériau, ce qui laisse une petite marque, et envoie l'échantillon à un organisme accrédité. Le rapport localise précisément les matériaux, décrit l'état de conservation de chacun, donne les préconisations, les plans et croquis, et joint la copie du certificat du diagnostiqueur. Aucun texte ne fixe de durée d'intervention pour l'amiante : comptez en pratique de trente minutes à une heure trente pour un appartement ou une maison ordinaire, une demi-journée pour une grande maison ou un bien complexe, et quelques jours de plus si un prélèvement part au laboratoire, ce délai relevant lui aussi de la pratique et non d'un texte.

À préparer avant le rendez-vous

  • La date de délivrance de votre permis de construire, ou un document qui permet de la retrouver : titre de propriété, acte notarié, dossier d'urbanisme en mairie.
  • Tous les rapports amiante déjà réalisés, même très anciens, et le dossier amiante-parties privatives si vous en avez un : leur remise est prévue par l'arrêté du 12 décembre 2012.
  • Pour un appartement, la fiche récapitulative du dossier technique amiante des parties communes, à réclamer au syndic dès la mise en vente : il met parfois plusieurs semaines à la fournir.
  • Les plans du logement et la liste des travaux réalisés depuis l'achat : changement de sol, dépose de faux plafond, réfection de toiture, remplacement de conduits.
  • L'accès à la totalité des locaux, y compris ceux que l'on oublie : combles, vide sanitaire, cave, garage, buanderie, chaufferie, local poubelle privatif, dépendance, abri de jardin, terrasse et toiture accessible.
  • Les clés de toutes les portes, les trappes d'accès dégagées et, si possible, une échelle ou un escabeau pour les combles.
  • Le dégagement des zones encombrées : placards, dessous d'évier, arrière des meubles lourds, sol libéré des tapis et moquettes non collées, pour que les dalles de sol et les revêtements puissent être observés.
  • Votre présence ou celle d'un mandataire pendant la reconnaissance des lieux : la personne présente doit connaître l'ensemble des parties du bâtiment.
  • Votre accord sur les éventuels démontages et prélèvements : un refus de votre part se traduira par des réserves dans le rapport.

S'il manque, ou s'il est faux

Si l'état d'amiante manque le jour de la signature de l'acte authentique, vous ne pouvez pas vous exonérer de la garantie des vices cachés correspondante (article L271-4 du code de la construction et de l'habitation). La clause d'exonération que contiennent presque tous les actes de vente tombe donc pour l'amiante : si l'acquéreur découvre ensuite des matériaux amiantés, il peut obtenir une réduction du prix, la prise en charge des travaux de retrait, voire la résolution de la vente, l'action devant être intentée dans les deux ans à compter de la découverte du vice (article 1648 du code civil). Un document erroné ou incomplet produit le même effet, et la responsabilité du diagnostiqueur peut alors être engagée ; si vous saviez et que vous vous êtes tu, vous vous exposez en plus à une action pour réticence dolosive. Le propriétaire qui ne satisfait pas à ses obligations de repérage, d'évaluation et de suivi encourt l'amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe, soit 1 500 euros, et 3 000 euros en cas de récidive (article 131-13 du code pénal) ; service-public.gouv.fr rappelle qu'un vendeur particulier encourt une amende de 1 500 euros s'il a recours à un diagnostiqueur non certifié. En pratique, le notaire bloque la signature plutôt que de laisser conclure une vente sans le document, sa propre responsabilité pouvant être engagée.

Les erreurs fréquentes

  • Croire que « validité illimitée » veut dire « plus jamais rien à faire » : un constat établi avant le 1er avril 2013 doit, selon service-public.gouv.fr, être refait avant la vente, même s'il ne trouvait rien.
  • Confondre la validité du rapport et l'obligation de surveillance : ce sont les matériaux de la liste A qui sont réévalués dans les trois ans, ce n'est pas le diagnostic qui expire.
  • Croire que cette réévaluation tous les trois ans s'impose à tout le monde : la maison individuelle n'y est pas soumise.
  • Se fier à l'année de construction : le critère légal est la date de délivrance du permis de construire, antérieure au 1er juillet 1997.
  • Penser que la présence d'amiante empêche de vendre ou oblige à désamianter avant la vente : elle n'empêche rien, le bien se vend avec son amiante.
  • Croire que le repérage garantit l'absence totale d'amiante : il est non destructif par construction, et ce qui est enfermé dans une dalle, une cloison ou sous un carrelage peut lui échapper, d'où les réserves du rapport, qu'il faut lire.

Le diagnostiqueur doit être certifié dans le domaine « amiante » par un organisme certificateur accrédité, assuré pour un montant qui ne peut être inférieur à 300 000 euros par sinistre (article R271-2 du code de la construction et de l'habitation), et indépendant de vous comme de toute entreprise susceptible de réaliser les travaux. Pour vendre un logement, la certification « sans mention » suffit ; vous pouvez la vérifier gratuitement sur l'annuaire officiel du ministère, diagnostiqueurs.din.developpement-durable.gouv.fr. Aucun texte publié entre janvier 2025 et septembre 2026 ne modifie le contenu de l'état d'amiante avant vente ni sa durée de validité. Pour la location, le décret en Conseil d'État prévu par la loi du 6 juillet 1989 n'est toujours pas publié au 17 septembre 2026. Un second plan d'actions interministériel amiante a été publié le 6 mai 2026 pour la période 2026-2030 ; l'un de ses six axes prioritaires porte sur l'évolution de la réglementation, sans qu'aucune date d'entrée en vigueur ne soit annoncée.

Questions fréquentes

Amiante : ce qu'on nous demande le plus

Mon diagnostic amiante date de 2016 et il ne signale rien. Dois-je le refaire pour vendre ?

En principe non. Un état d'amiante qui conclut à l'absence de matériaux amiantés et qui a été établi à partir du 1er avril 2013, sur les listes A et B, a une durée de validité illimitée. Vérifiez qu'il mentionne bien les deux listes. Si vous avez refait la toiture, les sols ou déposé un faux plafond depuis, faites-le actualiser : aucun texte ne l'impose, mais le rapport ne décrit plus votre bien.

Le mien date de 2008. Est-il encore bon ?

Non, en pratique. Avant le 1er avril 2013, le repérage avant vente ne portait pas sur le même périmètre de matériaux. Service-public.gouv.fr indique que le diagnostic doit être renouvelé avant la vente du logement, même s'il était négatif. Comptez un nouveau passage du diagnostiqueur.

Le diagnostic a trouvé de l'amiante. Est-ce que je peux quand même vendre ?

Oui, sans difficulté. La présence d'amiante ne bloque pas la vente et ne vous oblige pas à désamianter. Vous remettez à l'acquéreur l'état d'amiante complet : pour une maison individuelle, le rapport de repérage des listes A et B ; pour un appartement, ce rapport plus la fiche récapitulative des parties communes. L'acquéreur, informé, reprend ensuite à sa charge le suivi de ces matériaux.

On me dit que mon diagnostic amiante positif ne vaut que trois ans. C'est vrai ?

Non, pas au sens strict. Aucun texte ne fixe de durée de validité à l'état d'amiante. Le délai de trois ans porte sur l'évaluation périodique de l'état de conservation des matériaux de la liste A, et cette obligation ne concerne pas les maisons individuelles. Certains acquéreurs ou notaires demandent malgré tout un document récent : c'est un usage observé, pas une règle de droit.

Je loue mon appartement. Dois-je fournir un diagnostic amiante au locataire ?

Vous n'avez rien à annexer au bail aujourd'hui : le décret en Conseil d'État prévu par la loi de 1989 n'a jamais été publié. En revanche, vous devez tenir à la disposition de votre locataire le dossier amiante-parties privatives de votre logement. Vous devez aussi lui communiquer, sur demande et dans un délai d'un mois, la fiche récapitulative du dossier technique amiante des parties communes que détient le syndic.

Je vends un appartement. Que dois-je demander à mon syndic ?

La fiche récapitulative du dossier technique amiante des parties communes. Elle fait partie intégrante de l'état d'amiante que vous remettez à l'acquéreur, en plus du repérage des listes A et B de votre appartement. Attention : le dossier amiante-parties privatives ne suffit pas, il ne porte que sur la liste A. Demandez la fiche dès la mise en vente, certains syndics mettent plusieurs semaines à répondre.

Combien de temps dure la visite et faut-il que je sois présent ?

Aucun texte ne fixe de durée d'intervention pour l'amiante ; en pratique, comptez souvent entre trente minutes et une heure trente pour un logement, davantage pour une grande maison avec dépendances. Votre présence, ou celle d'une personne mandatée, est obligatoire au stade de la reconnaissance des lieux : l'opérateur doit être accompagné et définir avec vous les éventuels démontages. Si un prélèvement part en laboratoire, le rapport arrive quelques jours plus tard.

Comment vérifier que mon diagnostiqueur est bien certifié ?

Consultez l'annuaire officiel du ministère, diagnostiqueurs.din.developpement-durable.gouv.fr : vous pouvez y chercher un professionnel par commune ou département, par domaine et par organisme de certification, ou vérifier un nom, une entreprise ou un numéro de certificat. Exigez aussi une copie de son certificat et de son attestation d'assurance : sa garantie ne peut être inférieure à 300 000 euros par sinistre. La certification vaut pour un domaine précis : un certificat « plomb » ou « gaz » ne couvre pas l'amiante.

Les autres diagnostics

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Textes de référence

  • article L271-4 du code de la construction et de l'habitation Il oblige le vendeur à annexer l'état d'amiante au dossier de diagnostic technique et prévoit qu'en son absence le jour de l'acte authentique, le vendeur ne peut pas s'exonérer de la garantie des vices cachés correspondante.
  • article D271-5 du code de la construction et de l'habitation Il fixe la durée des autres diagnostics de vente (plomb, termites, gaz, électricité) et ne mentionne pas l'amiante, ce qui confirme qu'aucune durée de validité n'est imposée à l'état d'amiante.
  • articles R1334-14 à R1334-18 du code de la santé publique Ils limitent l'obligation aux immeubles dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997 et désignent qui doit faire réaliser le repérage : le propriétaire de la maison individuelle, celui des parties privatives, le syndicat des copropriétaires pour les parties communes et le propriétaire pour les autres immeubles bâtis.
  • article R1334-27, 1°, du code de la santé publique Il impose de refaire l'évaluation de l'état de conservation des matériaux de la liste A dans un délai maximal de trois ans à compter de la remise du rapport ou de la dernière évaluation, ou à l'occasion de toute modification substantielle de l'ouvrage ou de son usage.
  • articles R1334-29-4, R1334-29-5 et R1334-29-7 du code de la santé publique Ils créent le dossier amiante-parties privatives, limité à la liste A et tenu à la disposition des occupants, le dossier technique amiante et sa fiche récapitulative communiquée dans un délai d'un mois, et fixent la composition de l'état d'amiante de vente selon qu'il s'agit d'une maison, d'un lot de copropriété ou d'un autre immeuble.
  • arrêté du 12 décembre 2012 (matériaux de la liste A) Il impose la phase préparatoire de la mission, avec remise des rapports existants par le propriétaire et reconnaissance des lieux accompagnée, et prévoit que l'état d'amiante de vente est réalisé selon ses règles à compter du 1er avril 2013.
  • article 3-3 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 Il prévoit un état d'amiante au dossier annexé au bail, mais renvoie à un décret en Conseil d'État qui n'a jamais été publié : l'obligation est donc inapplicable à ce jour.
  • fiche service-public.gouv.fr F742, « Diagnostic amiante », vérifiée le 6 décembre 2024 Elle retient une durée de validité illimitée pour les diagnostics établis à compter du 1er avril 2013, indique qu'un diagnostic antérieur doit être renouvelé avant la vente, rappelle que le diagnostic est à la charge du propriétaire vendeur et que le recours à un diagnostiqueur non certifié expose à une amende de 1 500 euros.
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